Risques d’un bien inoccupé : pourquoi une assurance dédiée

19 Mai, 2026

En France, l’Insee estime à 3,1 millions le nombre de logements vacants en 2023 (8,2 % du parc) : un volume qui transforme la vacance en risque immobilier majeur.

Quand votre logement est vide, le problème n’est pas seulement “qu’il ne rapporte pas”. C’est surtout que le moindre incident (fuite, panne électrique, effraction) a le temps de s’aggraver avant d’être vu. Résultat : des dommages plus lourds, des recours des voisins, et parfois un sinistre refusé pour une mauvaise déclaration. Pour cadrer le sujet, commencez par cette assurance PNO expliquée : vous poserez les bonnes bases avant d’appeler votre assureur.

L’essentiel en 30 secondes
Un bien inoccupé reste exposé aux mêmes risques, mais sans détection rapide : c’est la gravité qui explose.
Les contrats comportent souvent un seuil de vacance et des conditions de protection : si vous ne déclarez pas, l’indemnisation peut tomber.
Les dégâts des eaux et le vol/vandalisme sont les scénarios typiques, avec une responsabilité civile qui peut engager vos finances.
La stratégie gagnante : déclarer, tracer vos visites, choisir des garanties adaptées et mettre une prévention simple (capteurs, rondes, entretien).

Une fois le décor posé, comprenons ce qui change vraiment entre un logement occupé et un bien vide.

Quand un logement se vide, le sinistre s’aggrave

Pourquoi l’absence de surveillance transforme un incident en gros dossier

Dans un logement occupé, le locataire (ou vous) remarque vite une fuite, une odeur de brûlé, une fenêtre forcée. Dans un bien inoccupé, la même situation peut durer des jours. C’est cette durée invisible qui fait passer un “petit” problème à un sinistre lourd. Voir aussi : informations essentielles sur les charges locatives.

risques biens inoccupés — Quand un logement se vide, le sinistre s’aggrave
Illustration — Quand un logement se vide, le sinistre s’aggrave

Le scénario le plus parlant reste le dégât des eaux. Ce n’est pas un hasard : en assurance habitation, la catégorie “dégâts des eaux” est la plus fréquente et la plus coûteuse, représentant 44 % des sinistres et 30 % de la charge en 2024 selon France Assureurs. Dans un logement vide, une fuite lente peut imbiber cloisons et parquets, migrer en parties communes et déclencher des recours des voisins. Ce thème est détaillé dans conseils pour une location sereine à Paris.

Les facteurs aggravants sont connus sur le terrain, surtout à Paris et en proche banlieue : réseaux anciens, chauffage arrêté (gel), ventilation inexistante, petites copropriété sans gardien, boîtes aux lettres qui débordent, volets fermés longtemps. Ajoutez l’absence de maintenance courante (purge, fermeture d’un robinet d’arrêt, contrôle d’un tableau électrique), et la probabilité d’un sinistre augmente.

Les profils de propriétaire les plus exposés sont souvent ceux qui vivent ailleurs, les propriétaires bailleurs entre deux locations, les vendeurs en attente d’une promesse, et les successions (indivision) où “tout le monde pense que quelqu’un s’en occupe”. Le coût final ne se limite pas aux travaux : il inclut souvent le relogement d’un voisin, la remise en conformité, la perte de loyer, et un reste à charge si la garantie ne colle pas à la situation réelle. Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur les étapes pour louer en toute sécurité.

Point de comparaison Logement occupé Bien inoccupé
Détection d’une fuite Rapide (bruit, traces, compteur) Tardive (visite ponctuelle, voisin)
Vol / vandalisme Présence dissuasive Cible plus “prévisible” (volets fermés)
Maintenance Anomalies vues au quotidien Défauts qui s’installent (humidité, corrosion)
Responsabilité civile Souvent partagée (selon cause) Le propriétaire est en première ligne si le lot “déborde” chez autrui
Lecture du contrat Usage standard Clauses spécifiques (vacance, protections, visites)
À retenir
Un bien vide ne réduit pas le risque : il réduit la capacité à réagir.
Les dégâts des eaux sont un classique en habitation et deviennent plus destructeurs sans présence.
Le coût d’un sinistre non assuré déborde vite : travaux, recours, perte de revenus, reste à charge.

Cette gravité explique une exigence centrale : déclarer correctement la vacance et garder des preuves.

Déclarer la vacance : le point qui fait (souvent) l’indemnisation

Seuils contractuels, changements d’usage et preuves à conserver

Une assurance habitation “classique” est généralement calibrée pour un logement effectivement occupé. Dès que votre bien devient inoccupé, certains contrats appliquent des limites : au-delà d’une durée de vacance, certaines garanties se réduisent ou se conditionnent (fermetures, visites, chauffage minimal, coupure d’eau, télésurveillance, etc.). Le point clé est simple : l’assureur vous indemnise sur la base de la situation déclarée, pas sur la situation “supposée”.

Concrètement, dès que vous savez que le logement va être vide (fin de location, départ d’un occupant à titre gratuit, travaux, mise en vente), appelez votre assureur et posez trois questions :

  • À partir de quand mon logement est-il considéré vacant dans mon contrat ?
  • Quelles garanties changent (vol, dégâts des eaux, vandalisme, gel) ?
  • Quelles preuves dois-je produire en cas de sinistre ?

Les preuves qui sauvent un dossier sont rarement sophistiquées, mais elles doivent être régulières : comptes rendus de visites datés, photos horodatées, factures d’entretien (toiture, ballon d’eau chaude, électricité), attestations d’un voisin-relais, relevés de consommation montrant un usage cohérent, et tout document de gestion si vous déléguez (mandat, ordres de mission, passages).

Attention aussi aux changements d’usage pendant la vacance immobilière. Un logement “en travaux” (outillage sur place), “meublé en stockage”, ou “prêté à un proche” n’est pas neutre pour les contrats. Ce sont souvent ces zones grises qui déclenchent un refus d’indemnisation : déclaration tardive, description inexacte, ou absence de respect des conditions de protection.

À retenir
Déclarez la vacance dès qu’elle est prévisible : c’est un réflexe de protection, pas une formalité.
Conservez des preuves simples et datées (visites, photos, factures) : elles répondent aux demandes récurrentes des assureurs.
Signalez tout changement d’usage (travaux, stockage, prêt) : c’est là que les garanties se dégradent.

Une déclaration juste ne suffit pas : vous devez aussi savoir à quoi vous exposer, poste par poste.

Cartographie des risques : de la fuite invisible au squat

Les scénarios les plus fréquents et leurs effets en chaîne

Un bien inoccupé concentre quatre familles de risques, qui ont un point commun : ils “prennent de l’avance” avant votre arrivée.

Dégâts des eaux : fuite sur flexible, ballon d’eau chaude, joint, colonne, infiltration toiture, ou simple robinetterie fatiguée. Sans détection, l’eau gagne les doublages, fait gonfler les parquets, décolle les peintures, et finit chez le voisin. La responsabilité civile peut s’enclencher si votre lot cause des dommages à un tiers.

Incendie et événements électriques : un tableau ancien, une multiprise laissée, un appareil branché “pour que ça tourne”, un défaut d’isolement. Dans un logement vide, la découverte est tardive, et le sinistre peut impacter plusieurs appartements, voire les parties communes.

Cambriolage, vandalisme, squat : le vide attire parce qu’il se voit. Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure recense 218 200 cambriolages de logement enregistrés en France en 2024 dans son bilan SSMSI. Le même document indique un taux plus élevé dans l’agglomération parisienne, à 6,7 cambriolages pour mille logements en 2024, ce qui impose une vraie discipline de protection.

Responsabilité civile envers voisins et tiers : chute d’un élément (volet, garde-corps), fuite qui endommage l’étage du dessous, départ de feu, ou accident lors d’une visite si le logement est en vente. Même vide, votre logement reste un “risque actif”.

Flux : petite anomalie (fuite/panne/effraction) → absence de détection → aggravation progressive (humidité, court-circuit, dégradations) → extension au voisin/aux parties communes → recours et expertise → litige si la vacance n’était pas correctement déclarée

À retenir
Le risque numéro un n’est pas “l’événement”, c’est le délai avant découverte.
À Paris, l’exposition au cambriolage renforce l’intérêt des protections matérielles et des visites tracées.
La responsabilité civile est le filet de sécurité quand le sinistre touche un tiers.

Après cette cartographie, la question devient opérationnelle : quelles garanties exiger pour un logement vacant ?

Garanties indispensables pour un logement vacant (et celles à questionner)

Le socle à sécuriser pour remettre en état sans attendre

Votre objectif n’est pas de “tout prendre”. C’est de couvrir les postes qui ruinent un budget quand le logement est vide : remise en état du bâti, extension aux voisins, et gestion post-sinistre.

Voici les garanties généralement prioritaires à valider dans vos contrats (PNO ou formule dédiée logement vacant), en vérifiant les conditions et plafonds :

  • Dommages aux biens : prise en charge des travaux de remise en état (murs, sols, plafonds), déblai, nettoyage, mesures conservatoires.
  • Incendie, explosion, événements électriques : indispensable dans l’ancien, fréquent en réseaux vétustes.
  • Dégâts des eaux, gel, infiltrations : le trio typique quand un logement “dort” (chauffage modifié, eau non surveillée, toiture).
  • Vol, vandalisme, détériorations immobilières : à négocier finement, car les franchises et exclusions sont souvent plus strictes en inoccupation.
  • Protection juridique : utile si vous devez contester un refus, lancer un recours, ou gérer un conflit de voisinage.
  • Assistance : serrurier, relogement d’urgence d’un voisin si votre lot est en cause, interventions rapides.

Ne confondez pas l’assurance multirisques habitation “standard” (souvent pensée pour un logement occupé) avec une assurance propriétaire non occupant (PNO) ou un contrat “logement vacant”. La différence n’est pas marketing : elle se joue sur les clauses de vacance, les obligations de prévention, et la façon dont la responsabilité civile s’applique quand il n’y a pas de locataire sur place. Ce thème est détaillé dans méthodes pour sélectionner un bon locataire.

Garantie Pourquoi elle compte en logement vacant Point de vigilance à vérifier
Dégâts des eaux / gel Sinistre souvent découvert tard, extension rapide Obligations de coupure d’eau, visites, chauffage minimal
Vol / vandalisme Cible plus facile si absence visible Exigences de serrures, volets, alarme, traces d’effraction
Incendie / électrique Conséquences majeures en immeuble Vétusté, conformité, exclusions “défaut d’entretien”
Responsabilité civile Recours voisin/copropriété, dommages aux tiers Étendue (visites, artisans, parties communes)
Protection juridique Utile en litige (expertise, refus, recours) Seuil de déclenchement, honoraires pris en charge
À retenir
Couvrez d’abord ce qui “dérape” sans surveillance : eau, électrique, vol, responsabilité civile.
Vérifiez les conditions d’application (visites, protections) autant que la garantie elle-même.
Une protection juridique crédible accélère la gestion quand le dossier se tend.

Ces garanties ne servent à rien si une exclusion vous bloque. C’est l’étape que beaucoup découvrent trop tard.

Exclusions et franchises : là où les dossiers se cassent

Les exclusions typiques en inoccupation, et vos parades concrètes

Sur un bien inoccupé, les assureurs encadrent plus fortement deux sujets : la durée de vacance et la “prévention minimale”. Le résultat pratique, c’est que certaines garanties deviennent plus restrictives, parfois avec une franchise majorée (notamment sur vol et dégâts des eaux), ou une indemnisation plafonnée.

Les exclusions les plus fréquentes reposent sur une logique simple : si le logement est resté vide trop longtemps sans déclaration, ou si les moyens de protection exigés ne sont pas en place, l’assureur considère que le risque réel n’était pas celui tarifé. C’est aussi là que la notion de défaut d’entretien revient : gouttières, toiture, joints, installation électrique, robinet d’arrêt, chauffage.

Exclusion fréquente Ce que l’assureur attend comme preuve Parade pragmatique
Vacance au-delà du seuil prévu au contrat Déclaration de vacance, échanges écrits, date de départ Avenant signé, mise à jour immédiate de la situation
Vol sans traces d’effraction Dépôt de plainte, constat, traces sur accès Serrures adaptées, fermeture systématique, photos datées avant départ
Dégât des eaux lié à un défaut d’entretien Factures d’entretien, rapports d’intervention, historique Contrat d’entretien, contrôle annuel des points sensibles (ballon, joints, vannes)
Gel avec chauffage totalement coupé (selon clause) Consignes respectées, visites, relevés cohérents Purge, vidange, coupure d’eau si recommandé, capteur de température
Squat ou vandalisme prolongé non détecté Historique de visites, alertes, intervention rapide Rondes planifiées, voisin relais, alerte ouverture/présence

Enfin, attention à la “carence locative” (perte de loyers) : elle est souvent limitée, conditionnée, voire absente. Si vous êtes propriétaire bailleur, clarifiez noir sur blanc ce qui est indemnisé et dans quelles conditions. Sinon, votre montant de pertes peut rester totalement à votre charge.

À retenir
L’exclusion la plus courante est la vacance non déclarée : traitez-la en priorité.
Sur vol et dégâts des eaux, la preuve (visites, entretien, protections) fait basculer le dossier.
Relisez franchises et plafonds : un “oui” contractuel peut cacher un reste à charge important.

À Paris, un dossier se complique encore vite dès qu’on touche à la copropriété ou à l’indivision : vos obligations ne s’arrêtent pas à votre porte.

Responsabilités : copropriété, indivision, vente et gestion déléguée

Votre responsabilité civile reste engagée, même si le logement est vide

En copropriété, la règle est claire : vous devez être assuré en responsabilité civile en tant que copropriétaire, occupant ou non. Le texte de référence figure à l’article 9-1 de la loi copropriété sur Légifrance, et c’est l’un des points renforcés par la loi alur. Autrement dit, “logement vide” ne veut pas dire “risque absent”.

Dans la pratique, la responsabilité civile s’active dès que votre lot cause un dommage : fuite vers le voisin du dessous, infiltration dans les parties communes, départ de feu, chute d’un élément, ou incident impliquant un artisan. Et si vous êtes en indivision, la difficulté est surtout organisationnelle : qui déclare, qui paie, qui conserve les preuves, qui répond aux appels du syndic ? Sans gouvernance, le risque est de rater les délais et de fragiliser l’indemnisation.

En cas de vente, la vacance est fréquente entre déménagement et acte. C’est aussi une période de visites : vous devez maîtriser l’accès, sécuriser les lieux, et limiter l’exposition. À l’agence, nous appliquons des réflexes simples et efficaces : arriver en avance pour ouvrir les volets, aérer, vérifier l’eau au sol, contrôler les accès et présenter un bien net. Ce n’est pas du confort : c’est aussi de la prévention de sinistre pendant la commercialisation.

Si vous déléguez (gestion locative, mandat de vente, conciergerie), clarifiez les responsabilités du mandataire : qui fait les visites de contrôle, qui déclenche les interventions, et comment les preuves vous sont transmises. En cas de sinistre, c’est votre contrat qui sera mobilisé.

À retenir
En copropriété, l’assurance de responsabilité civile du copropriétaire non-occupant n’est pas un détail juridique.
En indivision, organisez la décision et la preuve : sinon, le sinistre devient un conflit interne.
En vente, sécurisez l’accès et tracez les visites : vous réduisez le risque et facilitez la gestion si incident.

Une fois les responsabilités cadrées, la question suivante est simple : combien cela coûte, et comment éviter la surprime inutile ?

Tarification : ce qui fait monter la prime (et comment la contenir)

Ce que l’assureur “prix”, et ce que vous pouvez documenter

La prime d’une assurance pour bien inoccupé dépend moins d’une promesse commerciale que d’un faisceau de risques concrets : durée de vacance, historique de sinistre, attractivité du quartier, accessibilité (rez-de-chaussée, cour, rue passante), état du bâti, vétusté des réseaux, type de chauffage, et nature des garanties choisies.

Vous avez toutefois des marges de manœuvre, à condition d’apporter des éléments vérifiables. L’assureur réagit bien à ce qui réduit la probabilité d’aggravation :

  • un calendrier de visites formalisé (avec traces),
  • des factures d’entretien récentes (électricité, plomberie, toiture),
  • des protections adaptées (serrures, volets, cornières, éclairage à détection),
  • des capteurs (eau, fumée, température) avec alertes,
  • une franchise ajustée si votre trésorerie le permet, pour baisser la cotisation.

Votre conseil de négociation : demandez une lecture commentée des exclusions et obligations. Ensuite, montrez comment vous y répondez. Un assureur préfère un propriétaire qui prouve sa prévention plutôt qu’un propriétaire qui promet “je passerai de temps en temps”.

Si vous êtes propriétaires bailleurs, raisonnez aussi en coût total : une cotisation un peu plus haute peut éviter une vacance prolongée après sinistre, une remise en état interminable, et des recours. C’est souvent la différence entre un incident gérable et un chantier qui bloque une future location.

À retenir
La surprime reflète surtout la durée de vacance et la facilité d’aggravation (eau, vol, vétusté).
Vous faites baisser le risque en apportant des preuves, pas en multipliant les garanties inutiles.
Ajuster la franchise peut réduire la prime, si vous acceptez un reste à charge plus élevé.

La meilleure tarification reste celle que vous n’utilisez pas : la prévention terrain réduit les sinistres, et accélère la remise en location ou la vente.

Prévention terrain et technologies actuelles

Visites, capteurs et entretien : le trio qui change tout, même si vous vivez ailleurs

La prévention d’un logement vacant n’a rien de complexe. Elle doit être régulière, tracée, et centrée sur les points qui déclenchent les gros dommages : eau, électricité, accès.

Commencez par une organisation simple : rondes planifiées (vous, un proche, un voisin relais), avec un mini-compte rendu. Ensuite, équipez le logement de capteurs utiles : détection d’eau au sol près des points sensibles, détecteurs de fumée et de température, et alertes à distance. Le but n’est pas de “surveiller”, mais d’être informé assez tôt pour limiter les dommages.

Pour la prévention du squat et du vandalisme, l’important est la visibilité de la présence : boîte aux lettres gérée, volets pas toujours fermés, éclairage ponctuel, passages à horaires variables. En cas de quartier très exposé, une télésurveillance peut se discuter si elle s’intègre aux obligations du contrat.

Côté entretien, ciblez : toiture et gouttières (infiltration), vannes et robinet d’arrêt (fuite), chauffe-eau (rupture), tableau électrique (échauffement), ventilation (moisissures). Un contrôle préventif coûte toujours moins qu’une remise en état après sinistre.

Checklist “vacance” avant fermeture des lieux

  • Photographiez l’état du logement (sols, murs, plafonds, compteurs, accès) et archivez les images.
  • Testez le robinet d’arrêt général, repérez-le clairement, et vérifiez les flexibles visibles.
  • Contrôlez le tableau électrique, retirez les multiprises inutiles, débranchez ce qui peut l’être.
  • Organisez un planning de visites et notez chaque passage (date, durée, anomalies, actions).
  • Vérifiez serrures, volets, fenêtres, et la discrétion extérieure (courrier, affichage).
  • Installez au minimum un capteur fuite et une alerte fumée/temperature si le logement est sensible.
  • Informez le syndic si besoin (travaux, accès artisans) et conservez les échanges.
À retenir
La prévention efficace est répétable : visites tracées + capteurs ciblés + entretien des points critiques.
Votre meilleur “anti-sinistre” est l’alerte précoce : elle limite l’aggravation.
La discipline documentaire (photos, comptes rendus, factures) protège autant que les équipements.

Vous avez maintenant la méthode. Restent les questions concrètes que tout propriétaire se pose avant de laisser un logement vide.

FAQ : aléas des logements vacants

Quand un logement devient-il officiellement vacant ?

Il devient “vacant” au sens assurantiel quand l’absence d’occupant est continue et dépasse le cadre d’une simple absence (week-end, vacances). La définition dépend du contrat : certains parlent d’inoccupation prolongée, d’autres exigent une déclaration au-delà d’un certain délai. Votre réflexe : demander la définition exacte de votre contrat et la mettre par écrit.

Quelle différence entre PNO et contrat “logement vacant” ?

La PNO vise le propriétaire non occupant et couvre notamment sa responsabilité civile et certains dommages quand le logement n’est pas occupé. Un contrat “logement vacant” renforce souvent les clauses spécifiques d’inoccupation (vol, vandalisme, obligations de visites, protections). Le bon choix dépend de la durée prévue de vacance, de l’état du bien, et du niveau de risque (copropriété, quartier, étage).

Pourquoi l’assureur peut-il refuser d’indemniser après une vacance ?

Parce que le risque réel n’est plus celui déclaré : vacance non signalée, durée dépassée, protections non conformes, défaut d’entretien, ou incohérence entre usage réel et contrat. La prévention est administrative autant que matérielle : déclaration rapide, avenant, et preuves de visites et d’entretien. C’est souvent ce trio qui évite la nullité ou la réduction d’indemnité.

Quelles garanties prioritaires contre les dégâts des eaux ?

D’abord la garantie dégâts des eaux, mais surtout ses conditions : gel, infiltrations, recherche de fuite, mesures conservatoires, et dommages chez le voisin. Ensuite, une assistance réactive (plombier, mise en sécurité) et une responsabilité civile solide. Enfin, la preuve : relevés de visite, photos, et factures d’entretien. Sans preuve, la discussion se déplace trop vite vers le “défaut d’entretien”.

Le gel est-il couvert si le chauffage est coupé ?

Ça dépend des clauses. Certains contrats exigent un minimum de chauffage, d’autres acceptent une coupure si vous avez vidangé, purgé, et sécurisé le réseau. La bonne approche : relire la clause “gel” avant de fermer, appliquer les actions demandées, et conserver la trace (facture d’intervention, photos, compte rendu de visite). Un capteur de température peut aussi objectiver le respect des consignes.

Le vol est-il indemnisé sans alarme installée ?

Parfois oui, parfois non : l’enjeu n’est pas l’alarme en soi, mais les moyens de protection exigés au contrat (serrures, volets, portes, fermeture) et la preuve d’effraction. Un logement vacant attire l’attention ; si votre contrat impose un niveau de protection, vous devez l’atteindre et pouvoir le prouver. Sinon, la franchise peut augmenter ou la garantie peut être écartée.

Que faire si un squat est constaté ?

Agissez tout de suite : contactez les forces de l’ordre, votre assureur, et votre syndic si vous êtes en copropriété. Documentez (photos, témoignages, dates) et évitez toute action risquée. Côté assurance, l’enjeu sera de prouver votre diligence : visites, alertes, et intervention rapide. Plus la situation dure, plus les détériorations immobilières augmentent et plus le dossier devient litigieux.

Comment prouver des visites régulières du bien ?

Utilisez une méthode simple et constante : un registre de visite (date, heure, anomalies, actions), des photos horodatées, et des factures si une intervention a été déclenchée. Si vous déléguez, exigez un compte rendu écrit à chaque passage. En cas de sinistre, ces preuves servent à démontrer que vous n’avez pas laissé le logement sans surveillance et que vous avez limité l’aggravation.

Puis-je couper l’eau et l’électricité sans risque ?

Couper l’eau est souvent une mesure de protection pertinente si le contrat le recommande, surtout en période froide. Pour l’électricité, attention aux équipements de sécurité et aux dispositifs nécessaires (ventilation, alarme, capteurs). L’approche fiable : couper ce qui peut déclencher un sinistre (appareils inutiles), garder ce qui protège, et consigner vos actions. Et surtout, suivez les exigences écrites du contrat.

Dois-je assurer un bien vacant en copropriété ?

Oui : en copropriété, la responsabilité civile du copropriétaire s’applique même si le logement est inoccupé. Un dégât des eaux, un incendie ou une chute d’élément peut toucher un voisin ou les parties communes, déclenchant un recours. C’est précisément pour éviter ce trou de couverture qu’une PNO (ou une formule adaptée à la vacance) est stratégique, surtout dans les immeubles parisiens.

Comment gérer l’assurance pendant une mise en vente ?

Vous devez aligner trois éléments : le statut réel du logement (vide, en visites, en travaux), les garanties (vol, vandalisme, responsabilité civile), et l’organisation (accès maîtrisé, visites tracées, remise en sécurité après chaque passage). En agence, nous limitons les risques par des contrôles systématiques avant et après visites. Côté assurance, informez l’assureur de la vacance et des visites pour éviter une incohérence contractuelle.

Vous l’avez vu : le sujet n’est pas “faut-il assurer ?”, c’est “comment éviter le sinistre aggravé et le refus d’indemnisation”. Le logement inoccupé augmente la gravité parce qu’il laisse le temps aux dommages de s’étendre. Avant l’inoccupation, relisez garanties, exclusions et obligations, puis déclarez votre situation et conservez des preuves de visites. Enfin, mettez une prévention simple (eau, électrique, accès) et des alertes : c’est ce qui protège votre bien, vos voisins, et votre budget.

M
Marc CHICHEPORTICHE
Agence La Parisienne Immobilière (Paris 19e) : estimation, vente, location et gestion locative. Expérience terrain de sinistres, gestion de dossiers complexes et sécurisation des démarches propriétaires.

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